Le charme éternel de l’AC4

« Républicain Lorrain » du 08/08/2019

Dans le cadre du centenaire de Citroën, nous vous présentons cet été des propriétaires amoureux de la marque aux chevrons. On poursuit de plus belle avec Alain Paucet. Depuis 2008, cet habitant d’Audun-le-Roman vit une belle romance avec sa Citroën AC4 de 1929.

Alain Paucet n’a pas été trompé. Sa Citroën AC4, un modèle de 1929 sur le papier, est bel et bien authentique. Même le moteur est d’origine. Non contente de ne pas avoir été reliftée, la nonagénaire est remarquablement bien conservée. Evidemment, on voit quelques petites imperfections çà et là mais quelle auto n’en aurait pas après avoir tant bourlingué ?

Un an sous une bâche

L’amateur de beaux châssis reste néanmoins surpris par le faible kilométrage : à peine plus de 11 000 km ! « Non, mais le compteur n’est pas bon », s’amuse Alain. Cet Audunois deux fois moins âgé que sa belle connaît parfaitement son pedigree. « Elle a eu plus de 20 propriétaires ! J’ai leurs noms. Il m’en manque juste un : entre janvier et octobre 1974, on ne sait pas où la voiture est passée. Mais elle n’est jamais allée très loin : elle a toujours roulé entre les Vosges et le sud de la Meurthe-et-Moselle. »

C’est justement dans ce bon vieux « 88 » que notre passionné a dégoté sa voiture de collection. « Elle appartenait à un papy qui voulait la donner au musée Schlumpf en Alsace (la Cité de l’Automobile à Mulhouse, qui renferme la plus grande collection de voitures anciennes au monde dont celle des frères Schlumpf, NDLR). Mais le musée n’en voulait pas car ils avaient déjà assez d’AC4. Du coup, il l’a donnée à des gens du voyage en échange de travaux de toiture. Elle est restée un an sous une bâche. » C’était en 2008. Pour Alain, c’était l’aboutissement d’une quête.

Un aspirateur à filles

L’Audunois avait flashé sur l’AC4 bien des années avant, du temps de sa prime jeunesse. Enfant, le futur boucher-charcutier se lie d’amitié avec un marchand de bœufs du coin. « Il avait une AC4 ! Il me disait : « Quand tu seras grand, t’en auras une ». Il m’appelait toujours « mon petit » », s’amuse Alain du haut de son 1,90 m. Un grand garçon qui va être touché par le geste de ce même monsieur, quelques années plus tard : « C’était pour mon mariage, en 1998. Il nous l’avait prêtée ! » En revanche, pas question pour le propriétaire de céder définitivement sa Citroën ! Trop de valeur sentimentale.

Qu’importe pour le jeune marié : il était décidé qu’il en aurait une lui aussi. Il est tombé sur quelques beautés, sur le Net. Mais elles ne correspondaient pas à ses désirs. Jusqu’à ce qu’il tombe sur la perle rare, dans les Vosges donc. Depuis, il file le parfait amour avec son intemporelle AC4 (mais aussi avec son épouse). « Je l’ai moi aussi ramenée à un mariage, à Étain. Elle avait un tel succès qu’à 11h du soir, je promenais encore les invités dans les rues de la ville. » Et Alain de rigoler : « C’est un aspirateur à gonzesses, cette voiture. Le seul problème, c’est que les filles en question ont l’âge de la bagnole… »

QUESTIONS À

Alain Paucet, propriétaire de l’AC4 et trésorier du club des Rétro-Tiseurs, à Serrouville.

Un petit coup de manivelle s’impose !

« Une marque synonyme d’innovation et de progrès »

D’après mes sources, vous avez d’autres modèles anciens de Citroën…

« Oui (il sourit)  ! En plus de l’AC4, j’ai une DS, une Dyane, deux GSA X3 et une BX GTI 4X4. Il y a une intruse : une Renault R25, mais elle appartient à mon frère. »

Et pour la vie de tous les jours, vous roulez en…

« Citroën ! Avec ma femme, on a une C4 Cactus et un C4 Spacetourer. Il y a aussi un Jumpy pour l’une de nos deux filles, Lucie. Elle a 19 ans, est étudiante à Strasbourg. Mais elle commence à être passionnée : elle n’hésite pas à revenir d’Alsace pour une manifestation de voitures anciennes ! »

D’où vient votre passion pour les Citroën ?

« Mon grand-père roulait en Citroën. Il a eu des Traction, des DS… Comme il était commerçant, il changeait souvent ! Et j’ai appris à conduire sur une Acadyane. Mais ma première voiture a été… une Ford Escort. Ma première Citroën a été la BX 1.6 TRS. Elle avait une boîte auto. Mais le moteur n’arrêtait pas de chauffer ! Après, j’ai roulé en Xantia… »

Ça coûte cher d’être passionné ?

« Non ! En assurance, c’est très raisonnable : pour tous mes modèles, je paye 200 € à l’année. Les assureurs savent que nous sommes des gens sérieux, on ne va pas faire du rallye-cross avec nos voitures ! Quant à mon AC4, je l’ai achetée 6 000 €. Il ne faut pas croire : les modèles d’avant-guerre ne coûtent pas très cher, personne n’en veut ! »

Citroën fête ses 100 ans. Que représente pour vous la marque aux chevrons ?

« Elle est synonyme d’innovation et de progrès. Il y a la suspension hydraulique bien sûr mais pas que : c’est sur la DS que sont apparus les premiers champignons de frein. L’AC4 aussi était novatrice en son temps : c’était la première carrosserie tout acier. Les autres voitures avaient des montants en bois recouverts de tôle. »

Votre prochaine auto ?

« Rien ! Je n’ai plus de place dans mon hangar. Même si je dis ça à chaque fois… »

2019, le centenaire de Citroën – Photos

Audun-le-Roman : une Citroën AC4 qui vaut le détour

Tout roule pour Citroën ! La marque aux chevrons fête son centenaire cette année. La rédaction locale du Républicain Lorrain est donc partie sur les routes cet été, à la rencontre d’une poignée de passionnés détenteurs d’un modèle de l’époque. Place aujourd’hui à Alain Paucet, heureux propriétaire d’une AC4 de 1929, à Audun-le-Roman. Le trésorier du club des Rétro-Tiseurs, association bien connue sur le secteur, l’a acquise en 2008. Depuis cette date, ce boucher-charcutier au Grand-Duché en prend grand soin. Malgré quelques traces des attaques du temps ça et là sur la carrosserie, la nonagénaire reste très bien conservée. Notre reporter-photographe Fred Lecocq a pu faire le tour du propriétaire.

Alain et sa Citroën AC4, c’est une histoire qui dure ! En plus, la belle ne lui a jamais fait faux bond. « Elle m’a toujours amené à destination. »

L’auto est non seulement authentique, mais elle tient ! « Ça fait onze ans que je l’ai, ça fait onze ans que j’ai les mêmes bougies. J’ai acheté des bougies neuves, elles sont toujours dans la boîte… »

Certes, le bouchon de radiateur de l’AC4 ne vaut pas le célèbre Spirit of Ecstasy des Rolls-Royce. Mais, derrière le logo Citroën, se cache… un thermomètre ! « C’est pour mesurer la température d’eau. Mais, depuis son poste de conduite, on a intérêt à avoir de bons yeux ! », rigole Alain.

Effectivement, le conducteur doit avoir une bonne vue pour regarder ce thermomètre !

Il est déjà arrivé que l’AC4 tombe en panne sur un trajet. Mais elle a toujours emmené son heureux propriétaire à bon port. « J’ai toujours la caisse à outils au cas où. » Alain sait soigner sa belle.

Le tableau de bord a conservé son charme d’antan et reste fonctionnel. Seul l’indicateur kilométrique est erroné. Même si elle n’est jamais allée au-delà de la Lorraine, cette nonagénaire a des bornes au compteur !

En revanche, la montre ne marche plus. Mais on notera l’originalité du compteur de vitesse… comme sur les Peugeot 208 actuelles !

Cette AC4 est restée un an sous une bâche avant que l’Audunois ne l’acquière. « Elle n’était pas très chouette : il y avait de la rouille, de la boue… »

Il aura fallu deux mois à Alain pour la remettre à neuf, avec l’aide précieuse de Patrick Thiebaut, le président des Rétro-Tiseurs.

Pour avoir des pneus de cette dimension, il faut dix-huit mois d’attente. Mieux vaut ne pas crever…

Un petit coup de manivelle s’impose !

Un moteur authentique !

Ce 4-cylindres développe 30 ch pour une vitesse max de 90 km/h.

Sympa, l’intérieur…

On notera l’ouverture originale des portières.

L’AC4 a été produite entre 1928 et 1932, à plus de 120 000 exemplaires.

L’AC4 a été produite entre 1928 et 1932, à plus de 120 000 exemplaires.

Les dimensions de l’auto : plus de 4 m de longueur, grosso modo 1,5 m de largeur et 1,74 m de hauteur.

Anecdote d’Alain Paucet : « Le manuel d’utilisation de l’époque recommandait de vidanger le radiateur après chaque utilisation ! Je ne le fais pas bien sûr. À la place, je mets du liquide de refroidissement après chaque sortie. J’ai toujours un bidon dans l’auto ».

Anecdote d’Alain Paucet : « Le manuel d’utilisation de l’époque recommandait de vidanger le radiateur après chaque utilisation ! Je ne le fais pas bien sûr. À la place, je mets du liquide de refroidissement après chaque sortie. J’ai toujours un bidon dans l’auto ».

Alain possède d’autres modèles anciens. Toutes des Citroën ! À part la R25 au fond à gauche. « Elle a mon frère », sourit l’Audunois. Notons aussi l’emplacement habituel de l’AC4, qui perd un peu d’huile…

Alain dit qu’il n’a plus de place pour caser de nouvelles autos anciennes… Mais il trouve tout de même le moyen de dénicher de l’espace supplémentaire !

Source : Républicain Lorrain du 08/08/2019 Photos RL Fred Lecocq

 

 

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